Depuis une quinzaine d’années, la Compagnie Alter Ego présente avec succès ses propres créations dans les salles du Morbihan et à Vannes dans son propre théâtre. Cela donne lieu à une trentaine de représentations chaque saison. Dès l’origine, les membres de la Compagnie Alter Ego, tous issus des ateliers, ont choisi d’être dirigés par un professeur d’art dramatique et metteur en scène professionnel, Didier Merlo, afin de progresser dans leur technique et d’offrir aux spectateurs des représentations théâtrales de qualité. Ces ateliers d’art dramatique accueillent chaque année de nouveaux élèves, adultes et adolescents, à partir de septembre. Nous restons toujours fidèles à l’esprit du théâtre dit « amateur », stimulés par l’enthousiasme et le dynamisme que l’on ne rencontre que chez les véritables passionnés. Nous développons aujourd’hui de nouveaux projets, que nous vous invitons à découvrir au fil de ce site.
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Mise en scène de Didier Merlo
La nuit de la Saint-Jean, Julie, jeune fille de vieille noblesse terrienne, s’abandonne à ses désirs sensuels dans les bras de Jean, le valet de son père. Au matin, une fois dissipés les sortilèges de l’exaltation, la réalité sociale reprend ses droits, sous les yeux de Kristin, la cuisinière fiancée à Jean.
Né en 1849 à Stockholm, il perd sa mère très jeune et souffre du remariage d’un père autoritaire. Sa mère, fille d’aubergiste, épousera son père après avoir été sa gouvernante puis sa maîtresse. Ce roman familial est à l’origine du sentiment de déclassement, d’entre deux, qui habite toute son existence. Il échoue dans la carrière de comédien, devenant, peut-être par dépit, auteur de théâtre. Nous ne nous en plaindrons pas…
Après plusieurs échecs, il connaît une éclatante réussite avec coup sur coup Mademoiselle Julie, Créanciers, La plus forte la même année (1888). Après quelques détours vers le roman et les essais philosophiques, il livre Gustav Vasa et Gustav XIV en 1899. De véritables triomphes. En 1907, il écrit trois autres pièces d’avant-garde : Orage, La maison brûlée et Le Pélican.
Toute sa vie, Strindberg lutta contre des crises délirantes, « ses fantômes », pour en extraire, in vivo, une œuvre magnifiquement noire qui nous dit la détresse de l’homme d’aujourd’hui. Il s’éteint en 1912.
Mademoiselle Julie est une pièce de guerre : guerre des sexes qui s’attirent et se repoussent sauvagement, guerre entre les cœurs et la raison, guerre des égos engagés dans la lutte pour la domination. C’est ce bouillonnement qui fait sa puissance. Dans cette « tragédie naturaliste »( nous dirions aujourd’hui drame psychologique), les personnages sont mus malgré eux par des forces qui les dépassent, les débordent. Leur âme est un« conglomérat de civilisations passées et actuelles, de bouts de livres et de journaux, de morceaux d’hommes, de lambeaux de vêtements du dimanche, tout comme l’âme elle-même est un assemblage de pièces de toute sorte ». La pièce porte déjà en elle les germes de l’évolution formelle du théâtre jusqu’à aujourd’hui.
Dans sa préface, Strindberg note : « Nous voulons voir les fils, la machinerie, explorer la boîte à double fond, toucher l’anneau magique pour trouver le sommeil, glisser un regard dans les cartes pour voir qu’elles ont bien été truquées ».
| Mademoiselle Julie | Gwendoline Gautier |
| Jean | François Macé |
| Kristin | Stéphanie Pengloan |
| Traduction de Terje Sinding |
Carré Alter Ego |
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